Ethnographier le tour de main

Cet article aborde le défi ethnographique particulier que pose le tour de main. Si l’on s’interroge sur la dimension corporelle de la connaissance, ce que la main ou le corps sait, il apparaît inévitable avant toute chose de parvenir à une description systématique et comparable de « comment la main et le corps agissent », aspect sur lequel nous insistons plus particulièrement dans cet article. Les questions qui serviront de fil rouge à notre réflexion sont alors les suivantes : quelle démarche méthodologique choisir pour enregistrer, décrire, analyser et comparer les tours de main, de façon à exposer tangiblement le contenu sous-tendu par cette expression métaphorique ? Pour y répondre, une première étape consiste à mettre en évidence les principales difficultés méthodologiques spécifiques à l’ethnographie des pratiques corporelles. Afin de dépasser ces difficultés, des moyens complémentaires aux outils classiques d’observation et de compilation ethnographiques seront ensuite proposés. Trois propositions méthodologiques seront avancées, illustrées chacune par un cas d’étude développé par notre équipe. Les terrains sont contrastés (France, Corée, Inde, Éthiopie), les domaines techniques différents (poterie, taille de la pierre, danse), mais ces trois exemples ont en commun une démarche pluridisciplinaire (expérimentation de terrain) qui implique notamment l’intégration d’outils issus de disciplines spécialisées dans le domaine des activités motrices (notation du mouvement dansé, sciences du mouvement). Chacune des recherches présentées à travers sa problématique particulière permettra de spécifier concrètement un aspect de la démarche générale.

Nicole Rodda, Blandine Bril, Anne-Lise Goujon, Kyung-eun Shim

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